Crédit

Bien comprendre le crédit documentaire

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Appelé aussi Credoc ou lettre de crédit, le crédit documentaire est une opération financière, plus précisément une technique de paiement utilisée en commerce international. Il procure un excellent niveau de sécurisation des affaires, voilà pourquoi il est plébiscité par les entreprises afin de gérer le risque à l’export. Le Credoc existait déjà pendant l’Antiquité, où il avait pour objectif de sécuriser les échanges méditerranéens en cas de délais de livraison très longs. Il a largement évolué depuis, mais en gardant toujours ce même principe de base. Voici quelques d’explications sur son fonctionnement et ses différentes formes.

Les objectifs du crédit documentaire

De façon générale, le Credoc est mis en place afin de répondre aux attentes des exportateurs, qui ont besoin d’une garantie de paiement de leurs marchandises expédiées. Il convient aux entreprises souhaitant réaliser des transactions commerciales avec des pays à risque, ou bien avec de nouveaux clients. Il s’adresse également aux entreprises qui exportent des produits sur mesure ou qui n’ont pas de contrat d’assurance-crédit pour couvrir leurs clients. Grâce au crédit documentaire, les exportateurs ainsi que leurs clients bénéficient d’une protection efficace. Le vendeur est donc sûr d’être payé dans les délais, tandis que l’acheteur a l’assurance de recevoir les marchandises telles qu’elles sont décrites dans le contrat, que ce soit sur la quantité ou sur la qualité.

Fonctionnement du crédit documentaire

Cette opération financière met en scène plusieurs acteurs, dont le client acheteur ou importateur (donneur d’ordre), la banque de ce client (banque émettrice), le bénéficiaire ou l’exportateur (vendeur) et la banque du vendeur (banque intermédiaire ou confirmatrice).

À noter que c’est à la demande de l’importateur qu’est initiée l’opération. Après avoir conclu un contrat commercial avec le vendeur, l’acheteur passe à la rédaction d’une demande d’ouverture de crédit documentaire, qu’il transmet par la suite à sa banque. Cette dernière émet le crédit et le transmet à la banque du vendeur. Elle avise ensuite son client (l’exportateur) de l’ouverture d’un crédit en sa faveur.

Ce n’est qu’après cette étape que le bénéficiaire peut procéder à l’expédition de la marchandise. Il demande les documents exigés par le client au transporteur pour les remettre à sa banque. Après vérification des dossiers, celle-ci les transmettra à son tour à la banque de l’importateur. Cette dernière vérifie les documents et règle la banque intermédiaire, qui assurera le paiement au bénéficiaire. La banque émettrice remet ensuite les documents à son client (importateur) afin de débiter son compte du montant dû.

Les différentes sortes de crédit documentaire

Il existe plusieurs crédits documentaires.

  • Le crédit révocable est rarement utilisé à cause de son insécurité juridique. Il offre peu de garanties pour l’exportateur. À noter qu’avec ce type de crédit, il n’y a pas de lien juridique entre la banque émettrice et l’exportateur.
  • Le crédit irrévocable impose l’impossibilité de modifier ou d’annuler l’engagement de la banque émettrice, sauf avec l’accord des deux parties (importateur et exportateur). Deux cas peuvent survenir : soit il est confirmé, soit il est notifié. Dans le premier cas, la banque émettrice devient la banque intermédiaire, ce qui signifie que le crédit en faveur du vendeur est confirmé. Dans le cas d’un crédit irrévocable notifié, seule la banque émettrice est engagée.
  • Le crédit revolving est caractérisé par sa durée et son montant, renouvelés automatiquement.
  • Le crédit Red Clause inclut une clause permettant à la banque de l’exportateur d’effectuer une avance à son client.
  • Le crédit transférable, comme son nom l’indique permet au bénéficiaire de transférer le crédit à un autre bénéficiaire.

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William

Technicien & Journaliste dans le BTP